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Franck, en 1ère L option théâtre, parle du spectacle "Mission"

Fondation Ellen Poidatz - 24/05/2017

Le 26 mars 2014, à la Coupole de Combs la Ville, David Van Reybrouck met en scène dans son spectacle "Mission" un seul homme, magistralement interprété par un comédien magifique, Bruno Vanden Broecke. Le texte est inspié des témoignages de dizaine de pères blancs recueillis en 2006 par l'auteur, parti évangéliser le Congo alors belge.

La mise en scène est signée Raven Ruell et prend la forme d'un monologue d'1h50, où l'on traverse 50 ans de vie au Congo, oscillant entre le rire et les larmes. C'est une pièce contemporaine qui renferme beaucoup de rélexions sur cette expérience humaine dense dans laquelle il faut parler de Dieu et de l'eucharistie malgré la guerre, le fusil braqué sur la tempe, les montagnes déplacées pour faire lire un seul enfant, la boue, la folie humaine,. Il est question des souffrances et des doutes qui assaillent une Afrique paradoxale, violente et attachante, superstitieuse et pragmatique. L'oeuvre souhaite sonder les conditions qui permettent l'engagement de nos jours, ainsi que les joies d'une vie contemplative.

Pour le décor de la salle, il est minimaliste: on respecte l'atmosphère Conférence-Témoignage, un arrière plan sombre chargé de luièe, digne d'un conciliabule, des accessoires plus ou moins prosaïques: bouteille d'eau, pupitre, stylo et magnétophone. Seul élément étrange et énigmatique: un cadavre d'aigle sur le coté droit de la scène. Au terme du monologue, on découvre avec stupéfaction, derrière un rideau qui se lève, tandis qu'une foudre suivie d'une pluie torrentielle s'abat, un nouveau décor pour le moins inhabituel; des chaises en plastiques blanches, une table, des néons, pour certains cassés, qui surplombent ce décor et un tigre (empaillé ? peluche ?).

Le son est parfaitement en osmose avec le ton de la pièce : en entend très bien les bruits des objets, les mimiques de l'acteur et ses gestes.

La perfection stylistique de cette pièce n'a d'égal que le jeu d'acteur de Bruno Vanden Broecke. Naturaliste, tout en finesse mais à la fois intériorisé et sensible, le tout sur un rythme contrasté au gré des humeurs du paroissien qui nous laisse apprécier la qualité d'éloquence de l'interprète.

D'ailleurs on sent beaucoup d'écoute de la part du public.   

L'acteur part volontairement dans tous les sens pour donner un témoignage anecdotique et marquant plein de détails mais respectant son fil rouge sur la vie d'un missionnaire. Les clins d'oeil étaient accessibles si l'on connaissait au minimum l'histoire de la colonisation africaine. La dynamique irrégulière du témoignage est sa force, d'ailleurs tout le jeu est l'inverse d'un monologue qui aurait pu paraitre long et monocorde. 

 

Enfin sila chrétienté n'est pas omniprésente ni louée à travers ce récit, l'auteur, athée, nous en fait découvrir ses valeurs humanistes. 

Que ce soit par le jeun d'acteur, les propos ou bien le décor, j'ai été tenu en haleine jusqu'à la fin. Ce spectacle m'a laissé perplexe, mais sur une impression plus que positive. Bravo au théâtre flamand et à la production de KVS !