Actualités

A quoi sert un orthophoniste ?

Fondation Ellen Poidatz - 25/06/2017

A la Fondation Poidatz, l'emploi du temps des jeunes patients est très chargé: kiné, cours, balnéo, soins divers... Et parfois aussi orthophonie. 

Alexia Pelgrin a intérrogé Hélène Duval, l'une des deux orthophonistes de la maison, sur son travail auprès des jeunes.

Alexia Pelgrin: Qu'est-ce qu'un orthophoniste

Hélène Duval: Le mot vient du grec "ortho", "droit" et "phonie", "langage". Au début, ce métier consistait à rééduquer le langage. La prise en charge concerne aussi des personnes en situation de handicap: trisomiques, IMC, polyhandicapés..., ainsi que des personnes âgées ou opérées de la gorge. 

C'est un métier relativement récent puisqu'il n'existe que depuis une cinquantaine d'années. Il a pour but de corriger les difficultés de langage grâce à des aides techniques. 

A.P: Que faites-vous pendant les séances avec les jeunes de la Fondation ?

H.D: On joue !!! On passe beaucoup par le coté ludique: ordinateur, jeux de société et de logique: loto, jeu comme le dobble. Ici on a même créé un dobble spécial lecture ! 

A.P: Combien de temps dure chaque séance ? 

H.D: C'est variable. En principe une séance dure 30 min, une ou plusieurs fois par semaine. En général il y a 2 séances par semaine. Certains enfant tiennent 10 ou 15 min. On s'adapte au temps de concentration du jeune. 

A.P: Au bout de combien de temps les résultats sont visibles ?

H.D: Parfois rapidement, parfois c'est plus long... Il faut au moins 30 séances... Tout dépend du jeune et de ses troubles: si c'est juste un trouble léger ("cheveu sur la langue") c'est rapide, mais c'est plus long pour une dyslexie. Ce qui est long c'est de faire passer la rééducation dans la vie quotidienne, d'intégrer au quotidien ce qui est appris en rééducation...

A.P : D'où vient la demande d'une prescription en orthophonie ?  

H.D : En milieu ordinaire, l'école, puis les parents sont demandeurs d'une évaluation par un orthophoniste en cas de trouble de langage et de la lecture. 

A.P: En quoi le travail à la Fondation est-il différent d'un orthophoniste en milieu ordinaire ?  

H.D : Ici on s'occupe aussi de préparer des menus particuliers pour adapter l'alimentation aux troubles de déglutition afin d'éviter les fausses routes. 

A.P: Les menus sont-ils imposés ? 

H.D: En partie, mais ils sont retravaillés en fonction des goûts du jeune: viande au lieu de poisson, avec recherche d'équilibre alimentaire et diététique bien sûr ! La texture est imposée par les besoins du jeune. 

A.P: Personnellement j'ai une séance avec Hélène le vendredi durant laquelle on fait mes menus pour la semaine suivante. On regarde ce qui est prévu par la cuisine. Parfois quand il y a des aliments peu conseillés pour les troubles de déglutition, donc présentant des risques de fausse route (par exemple les pâtes ou les brochettes car c'est un peu sec...), Hélène me conseille autre chose. 

En entrée, je peux manger des betteraves, des carottes, du thon, de la macédoine de légumes... En plat principal, des purées de légumes avec de la viande ou du poisson. En dessert, des yaourts, du fromage blanc, des compotes... Et même du gâteau au chocolat mixé !!!

Vous le voyez, cela ressemble à des petits plats pour bébés (ceux que les mamans adorent terminer !).

A la Fondation, le self sert un repas mixé une fois par trimestre à tous ceux qui mangent, jeunes et adultes: ainsi, ceux qui n'ont pas de problème de déglutition comprennent mieux ce que vivent les autres. C'est une action solidaire, pédagogique... et sympathique ! Le dernier repas "A chacun son tour" a d'ailleurs eu lieu le 5 novembre 2013 sur le thème d'Halloween : tout le monde a pu manger une soupe au potiron comme entrée, du hachis parmentier canard-patates douces (ou carottes pour respecter la couleur du jour !) ainsi qu'un fondant au chocolat et son coulis aux fruits de la passion (ou une mousse au chocolat recouvrant une compote à l'orange pour fignoler le tout). Un régal... pour tous !!

 

 

Alexia Pelgrin