Actualités

Concilier poursuite d'études et rééducation post-opératoire à la Fondation Poidatz

Fondation Ellen Poidatz - 24/05/2017

A la Fondation Poidatz, de nombreux jeunes vont à l'école, primaire ou secondaire. Pourtant, ils ont souvent subi des opérations lourdes ou sont en situation de handicap. Comment se déroule la scolarité dans ces conditions ?

Nous avons posé quelques questions à Mme Czak, directrice du secondaire de la Fondation Poidatz.

 

Alexia Pelgrin: Le collège et le lycée de la Fondation Poidatz sont-ils des écoles "classiques" ?


Mme Czak: Oui et non ! Nous avons des classes ordinaires allant de la 6ème à la terminale (générale et technologique), accueillant surtout des élèves du CRF (Centre de Rééducation Fonctionnelle) qui viennent ici le temps de leur rééducation puis retournent dans leur établissement ordinaire. C'est donc important pour eux de continuer leurs cours normalement. Cela leur évite d'avoir à redoubler s'ils doivent manquer plusieurs mois de cours. Ils peuvent aussi se présenter au bac ou au brevet des collèges à la Fondation puisque nous sommes centre d'examen.

Il y a aussi des parcours adaptés concernant la plupart des élèves de l'IEM (Institut d'éducation motrice), pour lesquels l'enseignement est individualisé au mieux en fonction des besoins de chacun. Les classes GPI 1 et 2 (Groupes à Parcours Individualisé) en sont un bon exemple: on avance selon le rythme des élèves, dont certains présentent l'examen du CFG (Certificat de formation générale). Les élèves arrivant de filières professionnelles (2nde, 1ère ou Terminale pro) sont intégrés en partie avec les classes de lycée correspondant (par exemple en langues vivantes) et travaillent les cours spécifiques envoyés par leur établissement avec l'aide de quelques enseignants. 

 

AP: Comment se font les emplois du temps ?

Mme Czak: Les emplois du temps sont difficiles à faire car ils doivent tenir compte des heures de soins (piscine, kiné...). Les journées sont donc longues pour les élèves... On rentre dans les emplois du temps les plages horaires de soins, puis les possibilités des enseignants car plusieurs d'entre eux travaillent aussi dans d'autres établissements (avec lesquels il faut donc coordonner les heures de cours...).

Chaque classe a un emploi du temps général, puis chaque élève a ses heures de soin, ce qui donne autant d'emplois du temps que d'élèves !!!

 

AP: Comment se fait le lien avec les rééducateurs ?

Mme Czak: Il se fait par messagerie interne (outlook), ou par téléphone, ou lors des réunions communes. Ce lien est important par exemple lorsque la prise en charge de rééducation est lourde: si l'on sait qu'un élève est très fatigué, on allège la charge de travail scolaire (les devoirs à faire).

 

AP: Avez-vous des problèmes d'installation dans les salles ?

Mme Czak: Oui, très souvent ! On n'a pas assez de salles, don elles sont occupées en permanence. Les salles sont parfois petites pour accueillir des chariots. On essaie avec les ergos d'installer au mieux les élèves avec des postes informatiques adaptés, avec parfois deux écrans, un clavier incliné, un track ball, voire une tablette (qui a l'avantage d'avoir un clavier peu large, ce qui facilite les mouvements pour les jeunes ayant peu de mobilité des membres supérieurs)...

 

AP: Quels problèmes rencontrez-vous avec les élèves en situation de handicap ou récemment opérés ?

Mme Czak: On rencontre des problèmes de discipline, car handicap ou pas, nos élèves sont des ados ! Ils sont séparés de leur famille. Le respect n'est pas lié au handicap. Nous rencontrons les mêmes problèmes de manque de respect  et d'absence de motivation qu'en milieu ordinaire. Ce qui compte avant tout pour nous, c'est de les pousser, de faire en sorte que le handicap ou l'opération ne les empêchent pas d'être des jeunes comme les autres, bref des élèves, avec les contraintes mais aussi les satisfactions que cela implique ! 

 

 

Alexia PELGRIN