Actualités

Faire du sport en fauteuil : est-ce possible ?

Fondation Ellen Poidatz - 24/05/2017

Alexia et Marjorie sont allées poser quelques questions à leur professeur d'EPS, M. Blandeau.

 

A et M: "On ne s'attend pas à trouver un prof d'EPS avec les élèves en fauteuil... Que faites-vous ici ?

- Pendant trop longtemps on a considéré que les élèves en situation de handicap devaient être dispensés des cours d'EPS, ce qui est une bêtise, la loi française dit maintenant que tous les élèves doivent recevoir cet enseignement, en adaptant les conditions ou les activités. Dans les autres centres de Seine et Marne, il y avait des profs d'EPS ou des éducateurs sportifs, seule la Fondation Poidatz n'avait personne. Cette fonction me plaisait, j'ai voulu relever ce défi, le challenge de toujours essayer quelque chose à faire pour chacun, quelle que soit sa situation.

 

A et M: Que représente l'EPS pour des élèves en situation de handicap ?

- Pratiquer l'EPS permet aux élèves en situation de handicap de connaitre ce que vivent les autres élèves dans le milieu ordinaire, de connaitre les activités sportives possibles, mais aussi de mieux se connaitre, d'être plus autonome, de mieux gérer ses capacités propres, ses émotions, et de pouvoir pratiquer en équipe.

 

A et M: Quelles activités peuvent être pratiquées en fauteuil, en chariot, en béquilles ?

- Tennis de table, boccia, sarbacane, tir à la carabine, jeu de la balle invisible sont des activités qui peuvent être pratiquées par tous, ensuite on peut rajouter athlétisme, jonglage et basket fauteuil pour les jeunes en fauteuil ou debout.

 

A et M: Les élèves sont-ils mélangés ou faites-vous des groupes en fonction de leur position ou de leurs besoins ?

- Les deux, parfois je laisse les élèves mélangés à faire la même activité, mais sous des formes différentes, et parfois je regroupe les élèves en fonction de leur position ou capacités afin de leur proposer des activités qui leur sont plus favorables.

 

A et M: Organisez-vous des compétitions sportives en extérieur ?

- Oui, il y a surtout le "sport partagé" de l'UNSS, mais aussi des compétitions de la Fédération Handisport, il y a des compétitions départementales, régionales et nationales.

 

A et M: Comment se déroulent les compétitions sportives avec des élèves en situation de handicap ?

- En "sport partagé", on constitue des équipes de 4, avec 2 élèves des centres et 2 élèves de collège ou de lycée, afin de rencontrer d'autres équipes constituées de la même manière autour du tennis de table, de l'athlétisme ou encore du tir à l'arc et à la sarbacane.

En compétition handisport, les jeunes pratiquent avec d'autres jeunes qui ont les même capacités physiques qu'eux.

 

A et M: Qu'est ce que les compétitions sportives apportent aux jeunes ?

- La possibilité de rencontrer d'autres jeunes, valides ou non, de sortir des centres, de se tester et se mesurer à d'autres jeunes, de vivre des émotions particulières, de gagner en maitrise de soi.

 

A et M: Pensez-vous que ces compétitions en extérieur font évoluer le regard des valides sur le handicap ?

- Certainement, sans aucun doute, beaucoup de personnes "dites valides" méconnaissent le handicap et sont gênées, mal à l'aise, et ne se rendent pas compte que ce sont les situations mal pensées, mal réfléchies qui créent du handicap, et que ce dernier peut être "diminué" si on adapte mieux les situations de la vie courante. Je pense que les compétitions sportives "partagées" permettent aux gens de mieux connaitre les différences existantes, de mieux réfléchir aux adaptations nécessaires à chacun afin d'améliorer le vivre ensemble."

 

Alexia Pelgrin et Marjorie Defer